Mariage : Gérald et Bruno, pour l'exemple !



La demande de mariage de Gérald et Bruno en mairie du 19ème à Paris n'a pas été acceptée. Mais le couple veut continuer le combat.

La décision est tombée. C'est non. Le 1er juillet, le procureur de la République a écrit à Bertrand Delanoë pour lui signifier que la demande de mariage de Gérald et Bruno, déposée en mairie du XIXeme, n'est pas acceptée. Afin d'être bien compris, le procureur indique qu'il fera "usage [de son] droit d'opposition" et qu'il engagera "une procédure d'annulation de mariage" à chaque fois qu'il s'agira d'un mariage homo. Cette décision, Gérald et Bruno ne la connaissaient pas avant leur départ en congés. Ils l'apprendront à leur retour mais cela ne changera rien à leur détermination : ils veulent se marier.

Pacsés depuis juin 2000, ils entendent donner une autre dimension à leur vie à deux. "Nous voulons nous marier parce que nous vivons une belle histoire, explique Gérald, quelque chose de profond. Parce que tous les combats nous les avons menés ensemble et puis parce que lorsque le train est en marche, il faut sauter dedans. Le manifeste pour l'égalité des droits, qui défend le mariage homo, est, pour nous, quelque chose d'inespéré".

Bien sûr, l'appartement acheté en commun, les droits de succession, comptent aussi dans leur décision comme pour la majorité des couples qui se marient mais ce n'est pas l'essentiel. Adhérents des Verts, Gérald et Bruno n'avaient pas vraiment pensé au mariage jusqu'alors. "Ce n'était pas une valeur fondamentale pour nous" indique Gérald. Pourtant lorsque le débat s'est ouvert, ils se sont engouffrés : "Les premières réactions de Delanoë sur le mode : ce n'est pas important, ce n'est pas prioritaire nous ont décidé à y aller". Durant des semaines, ils enchaînent interviews, émissions de télé et de radio avec des conséquences inattendues : "On nous a souhaité bon courage. On nous a dit de continuer. Un mec m'est même tombé dans les bras pour nous dire qu'il nous soutenait" indique Gérald. Leur entourage professionnel comme familial est à leurs côtés. "Ma famille me soutient, explique Bruno, mais elle a beaucoup insisté pour que mon nom ne soit pas divulgué. Le nom, c'est tabou dans les familles italiennes".

Aujourd'hui, ils savent qu'une longue procédure judiciaire les attend. Ils sont prêts. "Nous continuons, analyse Gérald. Nous avons fait beaucoup et on ne peut pas avoir fait tout ça pour rien". "J'aimerais que des couples homos demandent des dossiers de mariage, que des maires disent qu'ils veulent marier des couples homos, indique Bruno. Nous continuons ce combat parce que nous constatons que beaucoup de personnes ont de bonnes raisons de ne pas vouloir changer les choses".

Source : e-llico
Mis en ligne le 06/08/04