Si Noël Mamère tient la vedette cette année pour avoir célébré le premier mariage homosexuel en France, l'UMP s'invite pour la seconde fois à la marche des fiertés gays à Paris.

Par Charlotte ROTMAN

samedi 26 juin 2004 (Liberation - 06:00)

En dépit des efforts de Raffarin pour donner de la droite une image moins «homophobe», les organisateurs de la Marche parisienne des fiertés ont maintenu leur mot d'ordre : «Assez d'hypocrisie, l'égalité maintenant !» «L'hypocrisie, explique Alain Piriou, porte-parole de l'Inter LGBT (Interassociative lesbienne, gaie, bi et trans), c'est ce gouvernement qui, sur l'ensemble de nos revendications, nous a opposé soit des "non" fermes soit des "on verra".»

Dans le cortège qui partira ce samedi à Paris de la place Denfert-Rochereau, l'UMP n'en enverra pas moins une représentante. Jeannette Bougrab, la secrétaire générale adjointe mandatée, avec Jean-Luc Roméro, secrétaire national, sera dans le carré de tête. Mais elle ne se tiendra pas derrière la banderole des organisateurs. Cet emplacement reste réservé aux partis «qui se sont engagés sur l'ensemble de notre plate-forme de revendications», explique l'Inter LGBT.

Cette année, le gagnant à l'applaudimètre risque d'être Noël Mamère. D'abord parce qu'il a été le premier élu de France à célébrer le mariage de deux homosexuels, dans sa mairie à Bègles, le 5 juin, et que, pour cela, il a été suspendu un mois de ses fonctions (lire page 4). Ensuite parce que, depuis cette initiative, le gouvernement a sorti son artillerie : «Tout sauf le mariage.» Et multiplié les signes en direction des associations homosexuelles. Le projet de loi sur l'homophobie a été remis sur les rails et présenté en Conseil des ministres mercredi. Un groupe de travail a été mis en place par la Chancellerie sur l'amélioration du Pacs. Enfin, jeudi, le Premier ministre a reçu la LGBT, SOS-Homophobie, le collectif PACS et caetera, mais aussi Gaylib, mouvement affilié à l'UMP (lire ci-contre).

Il s'est engagé à installer une commission «type Stasi» sur le mariage et la parentalité. Malgré cette rencontre à Matignon, Alain Piriou considère qu'«en l'absence de résultats concrets et vérifiables», notamment de textes définitivement adoptés, «la colère n'est pas retombée». Comme les autres années, 80 associations de tous genres seront présentes. Act Up qui fête ses 15 ans sera l'une des seules à rappeler que l'épidémie du sida existe toujours et qu'elle reprend «de façon dramatique, chez les gays».

Source : http://www.liberation.fr/page.php?Article=218773